Rupert Sheldrake
Rupert Sheldrake1 propose un champ étonnant, le seul à ne pas être assimilable à une énergie, mais à une information : le champ de forme, champ d’information ou champ morphique. Il est censé traverser l’espace-temps et ordonner l’émergence des formes naturelles, biologiques, cristallines et psychiques. Sheldrake affirme que de tels champs influencent les structures, non seulement des organismes vivants, mais de la matière inanimée. Toute matière possèderait un champ mnémonique associé orientant la formation des structures et des processus.
Si cette hypothèse se confirme, le comportement inédit d’une entité définit les comportements à venir des entités similaires. A chaque fois que nous inventons une pensée ou un geste, nous influençons l’humanité, même incognito. Une fois qu’un rat a trouvé l’issue d’un labyrinthe, tous les autres rats de la planète y arrivent.
La résonance morphique est l’influence qu’exerce tout système auto-organisé sur les systèmes homologues, de l’atome à la galaxie. Chaque système se présente sous une certaine forme, mémorisée quelque part dans un champ de forme. Plus il y a d’adeptes d’une pratique, plus cette pratique est facile à mettre en œuvre : planche à voile, internet, coaching, … Les champs de forme seraient les archétypes divins de Platon, les inconscients collectifs de Jung.
95 % de l’hérédité échappe à la génétique. Si les enfants prennent la taille de leurs parents, ce serait par mise en résonance de leurs champs de forme respectifs. Les gènes jouent un rôle crucial, mais comme des antennes qui captent les champs de forme. Ces derniers ne sont pas fixés pour l’éternité. Ce sont des matrices remodelées en permanence par le feed back que leur renvoient leurs matérialisations. La forme d’une rose et l’instinct d’une panthère se sont répétés des milliards de fois, leurs champs sont donc très stables. La structure de nos comportements humains est bien plus récente.
Nous pouvons faire nos propres expériences de télépathie. En effet, celle-ci fait entrer en résonance différentes parties d’un système et constitue une force de cohésion entre ces parties. Elle fonctionne très bien entre des êtres liés affectivement : deux personnes amoureuses, une mère et son enfant, un maître et son chien.
Le projet de Sheldrake est de trouver un modèle scientifique de la réalité montrant que les différentes dimensions de la vie sont reliées. Et que nous vivons sur une planète vivante et non pas mécanique et inerte.
- Spécialiste anglais en biochimie et biologie cellulaire, auteur de la théorie des champs morphiques.
