La synchronicité
La synchronicité est un terme qui émane des recherches de psychologues et de scientifiques. Elle se définit comme le surgissement signifiant d’un événement physique en analogie et simultanéité avec un événement psychique. C’est une concordance dans le temps de deux ou plusieurs événements sans relation causale et ayant le même contenu significatif. Ce phénomène indique que l’esprit et la matière sont alignés[1] dans un ordre qui n’a rien à voir avec une conception du monde causale et déterministe. Ce serait l’une des clés de cette mystérieuse faculté conscientielle que constitue l’intuition.
L’histoire de la synchronicité débute avec l’épisode célèbre du scarabée doré venant frapper à la fenêtre du psychiatre Jung au moment précis où sa patiente lui racontait son rêve de la nuit précédente… d’un scarabée d’or. En 1952, Jung définit la synchronicité comme l’occurrence simultanée d’événements liés par le sens et non par la cause. Les événements qui se produisent à l’extérieur de nous ne sont donc, dans une certaine mesure, que l’écho et le reflet visible de notre état intérieur, psychologique et spirituel. Ce qui est dedans est comme ce qui est dehors ! Ce qui m’arrive me ressemble[2]. Par exemple, quand je me blesse corporellement par accident, la synchronicité m’indique l’état instantané de ma vie intérieure. Si je me tords la cheville en posant le pied, c’est peut-être que ma rectitude intérieure est insuffisante ou que mes fondements, ma relation à la terre ne sont pas clairs à cet instant. Si je me fais renverser en traversant la rue ou si j’ai un accident de voiture, étais-je suffisamment centré, attentif à l’instant présent, ici et maintenant ? Si je suis ruiné, où en suis-je de ma relation à l’argent, de ma vigilance, de mon intuition dans le choix de mes associés ? A l’extrême, et ce point peut être choquant, si je prends un avion qui s’écrase au sol, comment peut-on me déposséder de ma responsabilité personnelle ? D’autres personnes ont bien raté cet avion ou changé de vol au dernier moment ! A l’inverse, si je ne suis pas ambivalent, si mon engagement est clair, il est probable que je favorise alors les événements et les rencontres bénéfiques. Plus légèrement, quand lors des fêtes de fin d’année, je choisis au hasard un papier dans une corbeille de voeux, la phrase qu’il contient a un écho significatif pour moi, pour l’orientation de mes réflexions et de mes actions personnelles.
Pour le coach, l’émergence et le partage des synchronicités au cours d’une séance de coaching lui permettent d’orienter l’entretien vers des territoires pertinents et féconds. Le client trouve son chemin en marchant et ce chemin se construit en fonction de ce qu’il est au moment où il avance son pied. Les synchronicités font irruption dans sa vie et le poussent à se diriger intuitivement vers des voies porteuses de sens pour lui. Avec Pierre Soulages nous pouvons ainsi affirmer : « Ce que je fais, m’apprend ce que je cherche ».
[1] Les précurseurs des recherches sur la synchronicité sont Pythagore – « Il n’y a qu’une âme, qu’une intelligence et qu’une matière commune, même si elles se distribuent sur une infinité de corps distincts » –, Leibniz reprenant à son compte ce concept de monade – substance simple et indivisible constituant les êtres, chacune exprimant la totalité de l’univers, en concordance avec toutes les autres –, et Schopenhauer proposant la progression du monde comme une coïncidence entre l’immanence et la transcendance.
[2] Pour Jean Guitton (« Mon testament philosophique », Presses de la Renaissance, 1997) : « Les événements sont notre visage. Ce qui advient, c’est ce que nous sommes. Entre l’événement et moi, entre l’autre et moi, il y a le troisième terme, la relation. Je ne peux pas changer l’événement passé et je ne peux pas changer l’autre, tel qu’il est à un moment donné. Je ne peux que commencer à me changer moi-même, et ainsi changer la relation, la façon dont je la vis, et peut-être ainsi faciliter les changements extérieurs. ».
