Comment réussir un entretien de coaching
Préface du livre de Matthieu Pometan
La méthode SPINE, une approche transverse du coaching chez ESF Editeur, 2017
Les livres sur le coaching professionnel sont si nombreux qu’il devient difficile d’en proposer un nouveau à la fois utile, original et personnel. Certainement influencé par sa pratique du théâtre, Matthieu Pometan réussit ce tour de force, alliant l’art de la synthèse à la pédagogie.
La méthode SPINE est une approche globale des entretiens de coaching qui s’applique dès lors que la personne coachée a exprimé sa demande. Elle détaille ce qu’est la colonne vertébrale du coaching, selon l’auteur, et apporte une grille de lecture qui facilite une recherche structurée et une appropriation créative des outils pertinents à chaque étape d’un coaching. Elle s’adresse autant au coach débutant qu’au senior, ce dernier pouvant y trouver une motivation d’enrichir sa boîte à outils.
En filigrane, ce livre pose une question récurrente : comment réussir un entretien de coaching ?
Bien-sûr, en maîtrisant des outils et en appliquant une méthode, rationnelle ou intuitive… et en les oubliant ! Car, bien que « le coach ait une position haute sur le cadre », comme le rappelle opportunément Matthieu Pometan, si le coach est d’abord préoccupé par ce qu’il doit faire, par la méthode à suivre, par la « bonne » question à poser, ou pas, il lui est difficile de se centrer sur son client et sur la relation que celui-ci entretient avec sa problématique.
Alors, comment faire ?
Tout d’abord, construire son propre savoir-faire au travers d’une formation professionnelle et pratiquer régulièrement en étant supervisé. Il s’agit de « réussir à danser » avec la personne coachée afin de lui permettre de trouver son propre rythme et ses réponses personnelles. Si le coach-danseur est préoccupé par la position de ses pieds et la prochaine figure à enchaîner, sa cavalière ou son cavalier risque de peu apprécier ce moment de partage.
A ce stade, la méthode SPINE présente l’avantage d’être un tableau de bord utile à la fois pendant l’apprentissage du coaching – en facilitant l’identification des techniques adaptées au coach, au coaché et aux situations rencontrées – et pendant l’entretien lui-même, en créant une check-list à la disposition du coach-pilote complétant sa capacité naturelle et instinctive à piloter.
Après « faire coach », commence l’essentiel : s’entraîner à « être coach » car le principal outil du coach est lui-même ! Se connaître le mieux possible est donc indispensable, notamment par un travail personnel conséquent avec un thérapeute, et en faisant de sa propre vie un chemin initiatique d’apprentissage et de transformation. La recherche personnelle permet ainsi d’acquérir cette qualité de présence pendant l’entretien de coaching qui fait la différence entre deux praticiens. La présence incarnée du coach facilite alors l’alliance avec le coaché et la confiance réciproque, ainsi que la capacité mutuelle de mener à bien la rencontre énergétique souvent inconsciente, indispensable à la réussite de toute mission de coaching.
En conclusion, le livre de Matthieu Pometan présente une cartographie précise de la partie émergée de « l’iceberg du coaching », préalable à une recherche profonde de la partie à découvrir, celle qui donne tout son sens et toute sa saveur à notre beau métier de coach. Personnellement, la plupart des managers que j’accompagne en coaching se posent la question du sens de leur travail, voire de leur vie, ce qui conditionne souvent leur désir de travail, et donc leur plaisir et leur efficacité.
Un mot encore : la méthode SPINE s’applique au coaching individuel. Je suis persuadé que son adaptation au coaching d’équipes, voire au coaching d’organisation, est déjà en gestation.
