Edito - Janvier 2015

Vœux 2015

L'observation des animaux alimente mes méditations pour 2015. Non pas dans un mouvement de rejet de l'humain, en résonance avec la célèbre expression : « Plus je connais les hommes, plus j'aime les animaux ! '» Mais comme une source d'inspiration pour progresser personnellement et en partager les bienfaits.

L'animal me connecte à la vie, quels que soient son espèce et sa taille. Un couple de lézard qui se love au soleil. Un moineau vif et déluré, saisissant chaque occasion pour se nourrir. Des parents goéland veillant nuit et jour leurs petits. Une otarie ou un dauphin joueur et intéressé par la rencontre avec l'espèce humaine. Un chimpanzé ou un chien à qui il ne manque que la parole, et encore, nous parle-t-il à sa manière. Jusqu'à la baleine et l'éléphant dont le poids ne réussit pas à cacher les sentiments qu'ils manifestent pour leurs congénères et, parfois, également pour l'homme.

Le premier message de ces animaux est d'être vivants, libres et autonomes, à chaque instant. Vivants, animés par la vie qui s'exprime en eux, afin que l'espèce survive à l'individu. A la suite de Saint François d'Assise qui les considérait comme nos frères et sœurs, nous gagnerions à nous inspirer de ces animaux qui éprouvent des émotions et de l'empathie, peuvent se sacrifier pour en sauver un autre, accompagnent leurs morts, recherchent la relation avec leurs semblables et, le plus souvent, ne tuent que pour s'alimenter. L'homme est d'abord un primate, un mammifère, un animal comme un autre, doué de la même force de vie. Nous gagnerions à nous le rappeler plus souvent.

Le second message concerne l'organisation sociale des animaux, construite sur des bases de solidarité afin d'assurer la pérennité d'un groupe - famille ou clan -, même si les conflits pour déterminer le rang hiérarchique y participent. Chez l'homme, notamment aujourd'hui en France, l'individualisme et le narcissisme nous conduisent à créer un ensemble d'individus ayant des intérêts communs à géométrie variable dans l'espace et le temps. Cette situation présente quelques avantages. Chacun est d'abord responsable de lui-même, libre de choisir sa vie dans un vaste champ des possibles. Les groupes de proximité se renforcent - dont les solidarités familiales -, l'internet facilitant la prise de contact avec des inconnus ou la rencontre d'amis d'enfance...Mais elle comporte surtout de nombreux risques pour l'avenir. La recherche de l'intérêt général est confiée soit aux régulations administratives et politiques, de moins en moins pertinentes et efficaces, soit « à la main invisible du marché '» qui s'est avérée être une vaste manipulation au principal profit de l'oligarchie financière. La solidarité est souvent exclue, hors du cocon familial ou des corporations professionnelles, même si le bénévolat perdure malgré les difficultés personnelles. L'homme gagnerait ainsi à retrouver le sens du collectif en construisant un nouveau contrat social, à créer du liant social en reconnaissant l'importance sociologique de l'acte individuel, à transformer les qualités et le bonheur individuel en vision collective d'un devenir commun, que celui-ci s'envisage au niveau local, national, européen ou mondial.

En conclusion, s'il est important de nous rappeler que nous sommes des mammifères, l'homme évidemment est bien davantage qu'un animal. Nous avons une conscience et savons que nous sommes vivants, donc mortels. Etant en vie nous pouvons nous connecter à nos « envies '», à nos désirs et à nos rêves, et ainsi les transmuer en réalité. Le présent est ce qu'il est, à nous de le transformer en énergie constructive. Notre maîtrise des événements étant souvent illusoire et limitée, il nous appartient d'utiliser le présent à notre avantage et d'en faire vraiment un présent, c'est-à-dire un cadeau, en saisissant les opportunités du moment. Nous réussissons bien-sùr grâce à « notre immense talent '», mais aussi grâce aux ressources de notre environnement familial, amical et sociétal. En retour, le changement de chacun pour lui-même contribue à changer la société.

Si nous sommes croyants, nous savons bien que nous ne sommes que canal, que l'humilité est une qualité primordiale, que nous avons besoin de la lumière de l'Esprit pour faire fructifier les talents reçus afin d'en faire profiter les autres.

Alors, en 2015, engageons-nous pour construire une Société plus solidaire, équitable et efficace, aimons-nous les uns les autres, en commençant par nous aimer vraiment nous-même, en y associant les animaux et notre Terre-mère.

Je vous souhaite à Toutes et à Tous une Très Belle Année 2015 de réalisation personnelle, pleine de Lumière et d'Amour.

Michel Giffard, 1er janvier 2015